From Evangelii nuntiandi to Evangelii gaudium. H.E. Msgr. André-Joseph Léonard
De Evangelii nuntiandi à Evangelii gaudium
H.E. Msgr. André-Joseph Léonard
Des Papes complémentaires
J’entends parfois une objection formulée avec humour : « Est-ce une bonne chose que les Papes récents béatifient ou envisagent de béatifier ou de canoniser (quand ce n’est pas déjà fait !) un si grand nombre de leurs prédécesseurs : Pie IX, Pie X, Pie XII, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II ? » Effectivement, ce serait un peu suspect si, systématiquement, un Pape envisageait de déclarer bienheureux ou saint son prédécesseur, donnant ainsi l’impression qu’il prépare sa propre canonisation ! Mais le problème est ailleurs. Le problème, si j’ose dire, c’est que, depuis près de 200 ans en tout cas, nous avons, par la grâce de Dieu, une série impressionnante de Papes, tous remarquables par leur envergure humaine, la qualité de leur formation, la profondeur de leur vie spirituelle, leur zèle pastoral et leur sainteté de vie. Il n’en a pas toujours été ainsi dans l’histoire de l’Église… Mais, heureusement, tout en étant tous exemplaires, nos Papes de l’époque contemporaine sont très différents les uns des autres et, en ce sens, complémentaires. Donc, en ce qui concerne le thème que je dois aborder : « De Evangelii nuntiandi (EN) à Evangelii gaudium (EG) », ne demandons pas à Paul VI d’être François, ni à François d’être Paul VI. Et reconnaissons que, tout en parlant du même thème (l’évangélisation), et du même contenu (l’annonce de la Bonne Nouvelle qu’est Jésus, le Christ), EN et EG abordent la question de manière très différente.
Des styles magistériels différents
Le style magistériel de Paul VI est d’un parfait classicisme. La pensée est sagement ordonnée, avec un goût manifeste pour la synthèse et la clarté du langage. L’élan passionné, angoissé même, du Pape pour l’annonce du Christ à un monde qui s’est dangereusement éloigné de Dieu, cet élan se coule dans une expression limpide, synthétique, visant à ne négliger aucun aspect de la question. Il suffit de lire la table des matières. Rien n’a été omis, depuis le Christ, premier évangélisateur, jusqu’à l’esprit de l’évangélisation (y compris l’Esprit, avec une majuscule !), en passant par la nature de l’évangélisation, son contenu, ses voies et moyens, ses destinataires et ses ouvriers. Benoît XVI a été, sans conteste, le plus brillant et profond théologien parmi les Papes récents, tout comme Jean-Paul II fut, dans la même série, le plus remarquable philosophe. Mais le souci pédagogique et didactique était peut-être poussé encore plus loin chez Paul VI que chez ses successeurs.
Le style magistériel du Pape François est fort différent. Ce n’est pas du tout celui d’un professeur, soucieux de rigueur et de sobriété. L’articulation du plan n’est pas immédiatement évidente. Les redites et les longueurs ne manquent pas. Manifestement, le premier souci du Pape n’est pas de produire une œuvre théologique puissamment orchestrée. La priorité est ailleurs. Le Pape reconnaît d’ailleurs lui-même, dans les derniers paragraphes de son Introduction (§ 16-18) les limites de son propos et souligne clairement ses véritables priorités.
Une passion dévorante et un appel à la conversion
Il ne m’appartient pas de parler ici du contenu détaillé d’EG, puisque d’autres intervenants sont appelés à le faire. Je voudrais surtout souligner, de manière globale, ce qui me paraît le plus typique et le plus neuf dans cette Exhortation apostolique dont le style fait penser aux flots de lave ardente jaillissant d’un volcan en éruption (un volcan d’amour, bien entendu !) plutôt qu’au paisible débit d’un long fleuve tranquille, fût-il le fleuve de la vie.
Dans l’évangile de Luc, Jésus déclare : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » (Lc 12, 49) Et chez Marc (et Matthieu), ses premières paroles, au début de sa prédication, sont : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc, 1, 15).
Or, dès les première pages d’EG, c’est bien une âme de feu qui se manifeste, ardente et insatiable, impatiente de « sortir » vers le dehors, vers la « périphérie », à la manière d’un incendie d’amour, se propageant irrésistiblement (§ 20-23). Et le premier appel lancé est une invitation pressante à la « conversion », à la conversion pastorale de toute l’Église, à tous ses niveaux de structures, mais aussi de chacun de ses membres, selon sa vocation et sa mission propre (§ 25-33). Le ton est ainsi donné. Le reste sera, comme on dit en musique, des « variations sur un même thème », avec une luxuriance d’épithètes, d’expressions populaires, d’images surprenantes, de comparaisons inédites.
Des points de repère classiques cependant !
L’insistance sur le kérygme
Cette nouveauté du ton ne devrait cependant pas masquer la présence inévitable et précieuse des mêmes accents essentiels dans EG que dans EN. Parmi les convergences les plus remarquables, j’en relève quatre parmi d’autres possibles.
Je note tout d’abord l’insistance sur ce repère fondamental qu’est l’annonce du « kérygme » (du mot grec qui signifie : « proclamation »), tel qu’il fut « proclamé » dès le jour de la Pentecôte (cf. Ac 2, 14-41), kérygme centré sur la personne même de Jésus, le seul homme dans l’histoire humaine qui, par ses paroles et ses actes, s’est mis au rang même de Dieu, condamné à mort pour blasphème, agonisant sur la croix entre deux brigands, au rang même des pécheurs, abandonné des hommes et même, apparemment, de Dieu son Père, mais que Dieu a réhabilité en le ressuscitant d’entre les morts, inaugurant en lui un monde nouveau. Ainsi glorifié, il ne se venge cependant pas sur ceux qui l’ont trahi, mais, au contraire, offre à ceux qui mettent leur foi en lui le double cadeau du pardon de leurs fautes et du don de l’Esprit Saint (cf. EN, § 26-28). Or on retrouve cette même insistance sur le kérygme dans l’Exhortation apostolique de François (EG § 160-166).
La puissance de l’Esprit qui a ressuscité Jésus d’entre les morts
Au terme de sa propre Exhortation apostolique de décembre 1975, Paul VI avait, dans la section VII, parlé de « l’esprit de l’évangélisation » (EN, § 74-80), laissant au lecteur le soin de déterminer si, selon les divers contextes de cette section, le mot « esprit » devait s’écrire avec une minuscule ou une majuscule. En tout cas, au § 75, il était clair que Paul VI parlait de l’Esprit Saint, sans lequel il n’y aurait qu’une « propagande », plus ou moins réussie, des idées ou des valeurs chrétiennes, mais non la proclamation de Jésus, vrai homme et vrai Dieu, crucifié pour porter toute la dureté de la condition humaine autant que le péché du monde et ressuscité pour que nous ayons part à la vie impérissable inaugurée à Pâques. Or, dans un parallélisme probablement intentionnel, François intitule le cinquième et dernier chapitre de son Exhortation : « évangélisateurs avec esprit ». Ici aussi, il s’agit, certes, avec une minuscule, de l’esprit dans lequel les disciples-missionnaires doivent aborder la tâche de l’évangélisation. Mais, à l’évidence, le Pape a aussi en vue l’Esprit avec une majuscule, à savoir l’Esprit Saint qui a ressuscité Jésus d’entre les morts et sans lequel il n’y aurait pas d’authentique évangélisation, mais seulement une opération hasardeuse de « marketing » catholique. Tout le livre des Actes des Apôtres, livre normatif de la mission de l’Église jusqu’à la fin des temps, en est témoin : si un groupe d’hommes, jusque-là pas très futés et guère courageux, ont pu annoncer Jésus en défiant avec intelligence et courage les autorités juives, puis romaines, ce fut en vertu d’une puissance qui n’est pas de ce monde, même si elle se répand en ce monde comme un feu, à savoir la puissance du Ressuscité et la force de l’Esprit Saint. Tout comme Paul VI, François le souligne avec bonheur (EG, § 275-280).
L’importance de la piété populaire
Bien que de formation plutôt aristocratique, Paul VI avait cru bon, en 1975, de reconnaître, parmi les voies de l’évangélisation, les mérites de la religiosité populaire, jadis dédaignée, mais redécouverte, à l’époque, avec d’indéniables fruits de générosité et d’oubli de soi. Mais cet éloge était assorti de mises en garde, plutôt sévères, contre toutes les déviations potentiellement liées à la piété populaire (EN, § 48). Latino-américain d’origine, issu d’un milieu très modeste, François loue également « la force évangélisatrice » de la piété populaire (EG, § 122-126). Il rend même explicitement grâce à Paul VI pour l’impulsion positive donnée à cet égard (EG, § 123). Mais le ton est très différent. On n’y relève aucune mise en garde. Au contraire, le Pape invite explicitement à ne pas « contraindre » et à ne pas prétendre « contrôler » la force missionnaire de la piété populaire (EG, § 124). Ce qui ne signifie évidemment pas que François ignore le risque de déviations possibles. Mais ce n’est certainement pas ce qui retient d’abord son attention.
L’importance d’une prédication vivante et le rôle de l’homélie
Dans EN, Paul VI avait, en seul paragraphe (§ 42), attiré l’attention sur l’importance d’une prédication vivante pour l’évangélisation, tout en faisant remarquer que la culture contemporaine est plus sensible à l’image qu’à la parole et en dénonçant la fatigue provoquée par les discours vides. C’était une pudique allusion à l’ennui causé chez les fidèles par certaines homélies verbeuses et sans âme. François, lui, prend le taureau par les cornes et consacre dix paragraphes (EG, § 135-144) à l’homélie comme telle, puis quinze autres paragraphes (EG, § 145-159) aux divers aspects de la préparation de la prédication. À ma connaissance, jamais un Pape ne s’était adressé aussi longuement aux évêques, aux prêtres et aux diacres, pour leur enseigner l’art de l’homilétique. Et il n’hésite pas à être très concret, provoquant tous les ministres ordonnés à un examen de conscience particulièrement pimenté ! Pour le dire positivement, François insiste surtout pour que, nourries de la fréquentation de l’Écriture, de la prière personnelle et de la réflexion communautaire, les homélies soient des paroles de feu qui fassent brûler les cœurs, les paroles de la Mère-Église s’adressant à ses enfants et pour que le prédicateur, s’oubliant lui-même, soit si transparent à la force du kérygme et de l’Esprit qu’à travers lui l’homélie devienne comme le lieu du dialogue vivant du Seigneur lui-même avec son peuple bien-aimé.
Trois accents particulièrement neufs
Parmi les innombrables orientations pastorales concrètes dont foisonne EG, je voudrais, pour conclure, en relever trois, à savoir l’appel à l’audace et à la créativité (EG, § 33), l’appel à toujours recentrer la prédication et l’action de l’Église sur le cœur de la réalité chrétienne (EG, § 34-39) et, enfin, l’appel à vivre l’Église comme une maison dont la porte est largement ouverte plutôt que comme un bureau de douane (EG, § 46-49).
Un appel à l’audace et à la créativité
Le Pape François ne place manifestement pas sa confiance dans les « structures », surtout s’il ne s’agit pas de structures essentielles et si, néanmoins, elles sont considérées comme intangibles. Il faut lui en savoir gré. Que de pousses nouvelles dans l’Église ont été scandaleusement étouffées parce qu’elles ne correspondaient pas à la « tradition » de tel ou tel diocèse, parce qu’elles ne correspondaient pas à « ce qu’on a toujours fait » (§ 33) ! Dans ma propre expérience d’évêque, j’ai souvent été surpris de la tendance des « structures établies » (conseils épiscopaux, conseils pastoraux, équipes paroissiales, etc.) d’exiger prioritairement des nouvelles communautés ou des nouvelles initiatives missionnaires de se couler d’abord docilement dans les plans pastoraux déjà établis, au lieu d’accueillir ces innovations avec bienveillance, de se laisser interpeller par elles, pourvu, bien sûr, qu’elles soient en conformité avec la foi et la discipline ecclésiale et liturgique de l’Église universelle. Il est donc réjouissant que le Pape lui-même invite à réserver bon accueil aux nouvelles propositions de méthodes évangélisatrices, « sans interdictions ni peurs », étant entendu que ceux qui les portent ont corrélativement le devoir de « ne pas marcher seuls », mais de se concerter avec les frères et sœurs travaillant sur le même terrain ainsi qu’avec les évêques concernés (§ 33).
Toujours partir du cœur de l’Évangile
On aura remarqué que le Pape François n’aborde jamais en premier lieu « les sujets qui fâchent », les questions, éthiques surtout, qui divisent. Non pas qu’il en sous-estime l’importance ou manque de fermeté en la matière. Mais parce que ces questions ne prennent leur sens authentique qu’à partir du cœur même de la foi chrétienne. Les questions morales particulières n’acquièrent leur réelle pertinence chrétienne que sur le fond de la primauté du don gratuit de Dieu. Au lieu de se disperser d’emblée sur une foule de points particuliers de doctrine ou sur un ensemble disparate d’exigences éthiques, la pastorale missionnaire doit d’abord se concentrer sur l’essentiel, sur la beauté fascinante de ce qui est le cœur même de la réalité chrétienne, sur cet « unique nécessaire » qui est le foyer incandescent de la Révélation. Le reste suivra, indispensable lui aussi, mais second (§ 34). Bref, comme l’a enseigné le Concile Vatican II (cf. Décret Unitatis redintegratio sur l’œcuménisme, n. 11) et saint Thomas d’Aquin avant lui (S. Th. I-II, q. 66, a. 4-6), il y a une hiérarchie dans les vérités dogmatiques comme dans les impératifs moraux (§ 36-37). D’où l’importance de toujours repartir du centre avant de s’attaquer aux points périphériques, aussi importants soient-ils. Et le centre, c’est toujours le contenu du kérygme, c’est « la beauté de l’amour salvifique de Dieu manifesté en Jésus mort et ressuscité » (§ 36). Si nous le perdons de vue, « le message courra le risque de perdre sa fraîcheur et ne plus avoir ‘le parfum de l’Évangile’ ( § 39). »
Une Église « portes ouvertes » et non un bureau de douane !
Les paragraphes § 46-49 sont parmi les plus libérateurs et les plus stimulants de toute l’Exhortation. Il y est question de « portes ouvertes ». Dans un pays comme le mien, il devrait d’abord s’agir des « portes ouvertes » de nos églises, souvent fermées par crainte de vandalisme, alors qu’il y a d’autres moyens que leur fermeture pour les sécuriser, la meilleure sécurité étant qu’elles soient ouvertes et que les chrétiens – et pas seulement eux – y entrent quelques minutes, le plus souvent qu’ils peuvent, quand ils passent à proximité. Mais la Mère-Église, au sens large, devrait, elle surtout, tenir grand ouverte « la porte de son cœur ». Cela ne signifie pas qu’elle ne doive pas proposer un chemin exigeant à ceux et celles qui frappent à sa porte, notamment pour les sacrements de l’initiation chrétienne. Mais cette porte devrait, dans la présentation des exigences, être moins rébarbative que celle d’une prison ! Qu’il s’agisse du baptême d’enfants, d’adolescents ou d’adultes ou de la confirmation, on honorera les demandeurs en même temps que la grandeur des sacrements en proposant un itinéraire exigeant, mais toujours avec le souci prioritaire d’accueillir et avec la souplesse requise pour rencontrer avec bienveillance les situations particulières. La réception de l’Eucharistie comporte, elle aussi, par sa nature même, des exigences que saint Paul soulignait déjà à l’intention des chrétiens de Corinthe (1 Co 11, 26-32). Il est donc des situations où nous faisons mieux de nous abstenir de communier à la messe. Mais cette abstention ne sera porteuse de fruits que si nous en comprenons la raison et que si celle-ci nous a été présentée par les pasteurs avec amour et respect. Sinon, l’Eucharistie, pain pour la route, risque d’être perçue comme une récompense destinée aux parfaits ou, du moins, à ceux qui se jugent tels (§ 46-47).
Mais, plus largement, la Mère-Église perd sa crédibilité quand elle est perçue comme un bureau de douane où les gardiens du temple se comportent en contrôleurs suspicieux et pointilleux et non en facilitateurs des chemins de la grâce (§ 47). Je l’ai vérifié souvent dans mon propre ministère épiscopal. Par exemple, lors des journées d’accueil que j’organise deux fois par an avec la pastorale familiale pour les personnes séparées, divorcées ou remariées civilement. La discipline actuelle de l’Église, surtout à l’égard des divorcés remariés, est exigeante et serait très mal perçue si elle était appliquée de manière purement réglementaire. Mais quand elle est proposée avec amour et bienveillance, elle peut être accueillie positivement et aide à grandir.
Dans un autre domaine, celui de l’accueil de candidats au sacerdoce, nous sommes tous d’accord qu’un discernement sérieux est à opérer. Mais il sera bien plus fructueux si le candidat, malgré son itinéraire parfois sinueux – tout le monde ne peut pas être aussi parfait que nous ! –, est écouté d’une oreille bienveillante, et non comme un « prévenu » lors d’une audition judiciaire. Ayant été durant de longues années Recteur d’un Séminaire universitaire recevant des séminaristes d’une foule de diocèses différents, je me suis parfois demandé, face à certaines pratiques sans miséricorde, si, aujourd’hui, dans ces diocèses, saint Augustin aurait eu la moindre chance de devenir prêtre, compte tenu de son passé houleux. Exigence, oui ! Mais toujours à la sauce de la miséricorde, qui sait offrir à des jeunes l’occasion de se convertir et de grandir ! Celui qui accorde la confiance et fait un pari positif sur l’avenir des jeunes se trompera et sera peut-être déçu une fois sur dix. Mais celui qui enferme une personne dans son passé et ne lui accorde pas plus de crédit qu’une banque ou qu’un percepteur des contributions, celui-là est sûr de se tromper neuf fois sur dix…
C’est pourquoi, en terminant mon propos, je suis heureux de citer ces quelques lignes du Pape au § 49 : « Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures. (…) Plus que la peur de se tromper, j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt : ‘Donnez-leur vous-mêmes à manger’ » (Mc 6, 37).
Voilà des propos toniques qui nous font mesurer le chemin parcouru, dans une grande continuité cependant, de EN à EG !


